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Salman Rushdie

 
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yacoub
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MessagePosté le: Mar 13 Sep - 12:03 (2016)    Sujet du message: Salman Rushdie Répondre en citant

Salman Rushdie : "Il faut se moquer de la religion, car la religion est absurde avant tout"


12.09.2016

Pour la sortie de son dernier livre "Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits", l'écrivain britannique Salman Rushdie est l'invité exceptionnel des Matins. L'occasion aussi d'évoquer notre époque, "anesthésiée par le retour du religieux".

L'écrivain britannique Salman Rushdie• Crédits : GERARD JULIEN - AFP

"Si, il y a 50 ans, vous m’aviez demandé si la religion pouvait revenir sur l’avant-scène aujourd’hui, j’aurais dit : ‘C’est impossible’. Et pourtant, malheureusement, c’est ce qu’il s’est produit." L'écrivain Salman Rushdie est venu parler de son dernier ouvrage Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits dans la Matinale de ce lundi 12 septembre. Après avoir longuement évoqué son livre en première partie d'émission il a, en seconde partie, élargi la réflexion à l'impact du fait religieux dans nos sociétés et au multiculturalisme. De l'autre côté du micro, Guillaume Erner et Sylvain Bourmeau, producteur de La Suite dans les idées, qui a ouvert l'entretien en mentionnant, dans ce dernier roman de Salman Rushdie, la célébration de la diversité dans tout ce qu’elle peut avoir "d’inquiétant, mais aussi de joyeux".

    "A mon avis, ce serait extrêmement ennuyeux si nous étions tous identiques. En tant qu’écrivain, j’ai toujours pris plaisir à observer et dépeindre les grandes différences entre nous, et la façon dont nos grandes mégalopoles se sont développées. Elles sont toutes devenues internationales : à New York par exemple, vous entendez toutes les voix du monde, toutes les langues du monde, et c’est une bonne chose."

Une diversité qui, pour lui, engendre un enrichissement de la possibilité qu’offre la littérature : "En étant en un seul lieu à un moment donné on a toutes les histoires du monde qui arrivent en même temps, en pleine rue." Et qui a pour autre caractéristique de s'opposer au fait religieux : "Il faut se moquer de la religion, parce que la religion est absurde avant tout. Par conséquent il faut en faire la preuve."

    "Si vous pensez que le monde est plat et que vous le croyez en toute sincérité, que vous allez dans une église où tout le monde pense la même chose, eh bien moi je me revendique le droit de pouvoir dire que vous êtes un crétin."

"Le monde semble présidé par l’idéologie"

    En première partie d'entretien, Salman Rushdie parlait de son dernier roman

Mais son roman, multiculturel, satirique, s'apparente aussi à une "guerre des mondes", comme le note Sylvain Bourmeau : "Il y a une violence considérable. Une violence née d’une guerre des idées entre Averroès et al-Ghazâlî." Une violence qui se nourrit d'idéologies.

    "Il m’apparaît que l’une des découvertes de notre époque c’est le fait que les idées sont plus puissantes que les intérêts personnels. Au nom d’une idée ou d’une idéologie, les gens sont capables de faire des choses qui vont à l’encontre de leurs intérêts. Le monde semble présidé par l’idéologie plus qu’il ne l’est par l’économie ou tout autre phénomène."

Alors que vient d'être commémoré le 11 septembre, la question se pose : les démocraties réagissent-elles correctement au terrorisme ? Mais Salman Rushdie se sent assez peu légitime pour y répondre : "Je ne sais pas, moi je suis romancier. (...) Il est tout à fait compréhensible qu’il y ait beaucoup de peur dans nos sociétés."

    "Le mot ‘terrorisme’ est assez évocateur tout de même, il s’agit d’inspirer la terreur. (…) Ce n'est pas une condition pour prendre des décisions car la peur, c’est une espèce de paralysie mentale. Par conséquent il nous faut trouver le moyen de mettre la peur de côté pour prendre de bonnes décisions."

Pour ce qui est de la liberté d'expression, suite à une archive faisant entendre la voix du dessinateur Charb, l'écrivain se dit convaincu qu'il est essentiel de continuer à clamer partout "Je suis Charlie" : "Il est très important de nous en tenir à cette ligne de pensée, d’expression. C’est très difficile. On a quand même lutté fort pour avoir cette liberté d’expression, il faut se battre pour la maintenir."

Dans Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits, Salman Rushdie aborde la question de la sexualité. En première partie d'entretien, il affirmait qu'il s'agissait là d'un simple ressort comique de son dernier roman. "Nous comprenons que la pratique de la violence extrême, connue sous le terme fourre-tout et souvent inexact de 'terrorisme', a toujours particulièrement attiré des individus mâles qui sont soit vierges, soit incapables de trouver des partenaires sexuels", avait-t-il pourtant écrit (comme le lui fait remarquer Sylvain Bourmeau). Propos qui étaient pour lui une "galéjade, même si elle n’est pas dépourvue de vérité."

    "Les gens qui ont une vie sexuelle heureuse ont moins de chances de porter une ceinture d’explosifs. C’est une théorie. Mais si on étudiait ces kamikazes, on pourrait s’apercevoir qu’ils sont presque tous vierges. (...) Lorsque les filles et les garçons ne peuvent pas être ensemble de façon normale, c’est une espèce de distorsion sociale et ça peut engendrer des tas de problèmes différents."

Dans son roman enfin, Salman Rushdie semble accorder beaucoup d'importance aux personnes, comme le prouve le portrait qu'il y brosse d’un "président formidable, très drôle, intelligent, avec les oreilles légèrement décollées"... et qui fait inévitablement penser à Barack Obama : "Je crois qu’il va nous manquer cet homme là. Mais il me manque déjà, particulièrement lorsqu’on voit la menace présidentielle qui pèse sur les États-Unis et sur nous."

    "Le personnage, c’est le destin. Et dans mon livre, un des thèmes est qu’en nous, nous avons une force dont nous ne soupçonnons peut être même pas l’existence. Et cette force nous suffit pour affronter les défis qui se dressent devant nous."

Un entretien qui se termine par l'évocation des auteurs que lit Salman Rushdie ("Je lis trop à vrai dire."), la nouvelle génération d'auteurs américains, notamment, et par celle du cinéma, dont l'écrivain est un inconditionnel.

    "Il y a dans les romans américains l’éruption d’une nouvelle forme de littérature immigrée. La littérature américaine a toujours été inspirée des Juifs d’Europe de l’Est ou d’Italie ; aujourd’hui, il y a des écrivains de partout. (...) Ce sont des jeunes écrivains qui apportent une littérature mondiale dans le creuset de la littérature américaine. (…) Et je me dis que moi aussi je peux faire ça."

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Salman Rushdie dans Les Matins de France Culture
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MessagePosté le: Mar 13 Sep - 12:03 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 7 Mai - 13:54 (2017)    Sujet du message: Salman Rushdie Répondre en citant

"Les Versets sataniques" de Salman Rushdie est un piêtre roman incohérent & fort mal écrit sur ces versets du Coran moderne qui portent ce surnom.


Ce fut la 1ère année, un échec de vente total. Minable.

Et puis soudain ce grand malade de l'ayatollah Khomeiny, qui a perdu la raison en revenant dans son pays natal, pour avoir reçun grand choc émotionnel au "carré des martyrs", lut ce roman traduit et crut voir dans le héros du livre une carricature de lui-même. L'ayatollah devait rencontrer le premier ministre d'Iran, Bani Sadr, qui l'attendit en vain. Son témoignage est accablant sur la soudaine crise de démence qui frappa le vieil homme. Ce monstre, Khomeiny, fut surnommé à l'époque "le canibale révolutionnaire" et il est vrai qu'il déclencha la folle révolution canibale où les iraniens chiites se massacrèrent EN MASSE entre eux, se jugeant indigne de Khomeiny.

Sur quoi, fou de rage, il lança de fatwa personnelle de mort contre son auteur qui ne pouvait rêver pareille publicité mondiale gratuite sur tous les merdias (si !) du monde entier.

La Gauche française sous Mitterrand, lança un appel de solidarité pour ce que le Ministre de la Culture, Jack Lang, célébra comme "un chef d'œuvre", le colparant à Voltaire. N'importe quoi !


Et voilà comment on s'est retrouvé toutes & tous avec ce best seller tardif, sans rien y comprendre.

Je l'ai toujours quelque part dans ma bibliothèque, oublié.

La première folie islamiste du monde d'après guerre venait de voir le jour ! Ben Laden, DÆCH, sont des amateurs en matière de carnages de masse face au vieillard dément, hébergé pendant des décennies par la France. Bref, une somme d'absurdités, pour faire du torchon romancé de Rushdie un symbole. Rien qu'un symbole.


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MessagePosté le: Jeu 8 Juin - 14:58 (2017)    Sujet du message: Salman Rushdie Répondre en citant

Salman Rushdie sur l'islamisme : "Il faut arrêter cet aveuglement stupide" L'Obs , jeudi 8 juin 2017.

Salman Rushdie, qui vit toujours sous la menace d'une fatwa, s'inquiète de la montée des forces obscurantistes. Et lance un cri d'alarme en direction de l'Occident. "Cessons, dit-il, de refuser de voir la réalité des origines du djihadisme".

Après la France et la Belgique, la Grande-Bretagne, où vous avez vécu longtemps, est à nouveau prise pour cible par les terroristes. Selon vous, le djihadisme procède-t-il d'une radicalisation de l'islam ou d'une révolte nihiliste qui s'est cristallisée sur l'islam ?

Je suis en désaccord fondamental avec ces gens de gauche qui font tout pour dissocier le fondamentalisme de l'islam. Depuis cinquante ans, l'islam s'est radicalisé. Côté chiite, il y a eu l'imam Khomeini et sa révolution islamique. Dans le monde sunnite, il y a eu l'Arabie saoudite, qui a utilisé ses immenses ressources pour financer la diffusion de ce fanatisme qu'est le wahhabisme. Mais cette évolution historique a eu lieu au sein de l'islam et non à l'extérieur. Quand les gens de Daech se font sauter, ils le font en disant "Allahou Akbar", alors comment peut-on dès lors dire que cela n'a rien à voir avec l'islam ? Il faut arrêter cet aveuglement stupide.

Bien entendu, je comprends que la raison de ce déni est d'éviter la stigmatisation de l'islam. Mais, précisément, pour éviter cette stigmatisation, il est bien plus efficace de reconnaître la nature du problème et de le traiter. Ce que je trouve consternant, c'est d'entendre Marine Le Pen analyser l'islamisme avec plus de justesse que la gauche... C'est très inquiétant, vraiment, de voir que l'extrême droite est capable de prendre la mesure de la menace plus clairement que la gauche. C'est pour cela que je vous mets en garde, cela va poser un problème à l'avenir, à moins que nous ne changions notre façon d'appréhender les choses.

C'est très bien de rappeler que la plupart des musulmans ne sont pas des extrémistes. Il était également vrai que la plupart des Russes n'étaient pas des partisans du Goulag ou que la plupart des Allemands n'étaient pas des nazis. Pourtant, l'Union soviétique et l'Allemagne hitlérienne ont bien existé. Ainsi, lorsqu'une déviance grandit à l'intérieur d'un système, elle peut le dévorer, et tel est ce qui se passe avec le fondamentalisme en islam. Je me souviens d'ailleurs que, quand j'ai commencé à être la cible des attaques des islamistes, quelques journalistes américains de gauche avaient apporté leur soutien à l'imam Khomeini parce qu'il luttait contre le pouvoir hégémonique de l'Ouest. Le présupposé constant de la gauche, c'est que le monde occidental est mauvais. Et donc tout est passé au crible de cette analyse : en quoi une telle situation est-elle de notre faute ?Je me souviens aussi de mes querelles avec Derrida sur ce sujet et sur tous les sujets du reste !

Propos recueillis par Sara Daniel, aux Assises internationales du Roman de la Villa Gillet à Lyon
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:44 (2018)    Sujet du message: Salman Rushdie

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